FRANCE MARATHON

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A COMBS LA VILLE (77) (I.F.) le lundi 1er mai 2017


RESULTATS FEMININES


RESULTATS MASCULINS  

(Utilisez les onglets)


 324 Classés, 56 féminines et 268 hommes (1008 sur l'Open) ...


Photos et articles, copiés sur le site FFA ...



Sans réelle surprise, Freddy Guimard (Alès Cévennes Athlétisme) et Corinne Herbreteau (AS Saint-Sylvain d’Anjou) ont remporté les titres nationaux du marathon, en ce jour de fête du Travail. Mais la journée n’eut rien de fériée pour les médaillés. A Combs-la-Ville, près de Paris, le vent aura même obligé les coureurs à redoubler d’efforts.

Le 1er mai, il y a ceux qui profitent du jour férié pour aller cueillir le muguet en famille. Il y a ceux qui battent le pavé dans les manifs pour défendre les droits des travailleurs. Et puis, cette année, il y a celles et ceux qui s’offraient 42,195 km d’effort pour se disputer le titre de champion de France du marathon. Pas le plus reposant, mais excitant. Et même un vrai bonheur pour Freddy Guimard et Corinne Herbreteau, vainqueurs sur le stade Alain-Mimoun - difficile de trouver nom plus adapté à la circonstance - de Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne. Les deux champions de France 2017 auront toutefois dû lutter avec un coriace adversaire qui les a marqués à la culotte tout au long de la partie : le vent.
Sa victoire, Freddy Guimard n’a pourtant pas tardé à la dessiner. Dès les premiers hectomètres le sociétaire d’Alès imprimait son rythme pour s’offrir 200 m d’avance au panneau des cinq bornes. Personne ne le reverrait. Au semi, avec 1h08’45 au compteur, l’international français comptait déjà près de deux minutes d’avance sur le peloton des poursuivants, Alban Chorin, Romain Carette, David Duquesnoy en tête. Une sacré prise de risque quand on sait que son record personnel affichait 2h20’28 avant la course et que l’épreuve open ne comptait pas de lièvre ni de concurrent étranger susceptible d’accompagner les premiers Français, parmi les quelque 1600 coureurs réunis sur la ligne. Fatalement, le deuxième semi s’avérait plus lent, avec un chrono de 2h20’10 en coupant la ligne.
« Je visais 2h15, mais avec le vent c’était impossible, lâchait le vainqueur du jour, entre joie et déception, à l’arrivée. Je me suis ensuite calé sur 2h17, puis sous les 2h20, mais là encore, c’était injouable. » Ces parcours du 77, les coureurs d’Ile-de-France les connaissent bien, pour se retrouver sur les multiples épreuves qu’accueille le département. Plats, de longues lignes droites… Des tracés propices aux performances. La ligne bleue entre Tigery, point de départ, et Combs-la-Ville, village d’arrivée, ne dérogeait pas à la règle, offrant même aux coureurs le luxe d’une fin de course en légère descente. Seul souci : ce zéphyr parfois violent qui contrariait en particulier le rythme des coureurs évoluant en solo. Un élément que certains utilisèrent d’ailleurs comme tactique pour jouer le podium et abandonner leurs poursuivants dans les rafales. A ce petit jeu, Alban Chorin, cinq fois médaillé sur les sept dernières éditions des France de marathon, s’offrait la deuxième place en 2h23’11, juste devant David Duquesnoy, qui cueillait du même pas le titre en master, dans un peloton éparpillé façon puzzle.


Côté féminin, Corinne Herbreteau semblait avoir calqué sa course, à distance, sur celle du premier français. En 1h17’38 au semi, elle aussi en avance sur son record perso, la coureuse de Saint-Sylvain d’Anjou avait déjà repoussé la concurrence, incarnée en premier lieu par Aline Camboulives (Athlé Saint-Julien 74), alors que l’Ethiopienne Zenash Gezmu (Neuilly sur Marne), malgré son record à 2h32, perdait pied dès la mi-course. Dans ce duel de masters, Herbreteau allait garder la main sans coup férir, mais en faiblissant, là encore, sur la deuxième partie de course (2h38’07 à l’arrivée, contre en 2h41’12 pour Camboulives). « Le parcours était très roulant, mais la difficulté venait du vent. A partir du 36e je me suis retrouvée seule. Je suis passée vite au semi, mais de toute façon, je n’avais pas de chrono, je courais à la sensation. » Herbreteau, Camboulives et Flore Martinuzzi (2h48’14) en bronze : les trois premières Françaises engagées finissaient sur le podium, la logique était respectée, dans une course où les cinq premières pointent toutes chez les masters. Idem chez les espoirs, d’ailleurs, avec encore moins de contestation vu qu’ils n’étaient que deux (et deux garçons) au départ : Pierre-Antoine Ruel l’emportait finalement en 2h44’53 devant Adrien Mingozzi. Rayon équipes, Cima Pays d’Auray chez les hommes et l’ASPTT Auxerre chez les femmes coiffaient la couronne des vainqueurs.
« On sait que les championnats de France de marathon n’attirent pas tous les coureurs car il n’y a pas de carotte au bout, en dehors d’un podium national, ce qui est déjà en soi une très belle récompense, devisait Jean-François Pontier, manager général du hors stade, en pointant les premiers arrivants près de la ligne de départ. Aujourd’hui, les conditions ne se prêtaient pas à de grosses perfs, mais on voit quelqu’un comme Alban Chorin, médaillé chaque année ou presque, qui est là car c’est son objectif de l’année. Il nous faudrait davantage d’athlètes avec cette mentalité. Quant à Freddy Guimard, sa perf est intéressante vu le vent, ça prouve qu’il peut faire un bon chrono sur marathon avec une bonne base de vitesse sur 10 000. On cherche ce genre de profil. Chez les filles, on a également du mal à aller chercher des seniors, mais on sent au moins que tous les coureurs sont motivés par les championnats d’Europe de l’an prochain. C’est un vrai objectif pour eux. » En attendant d’en arriver là, la Marseillaise pouvait résonner sur le stade Alain-Mimoun pour célébrer les vainqueurs du jour. Tandis que le vent, lui, soufflait de plus belle.

A Combs-la-Ville (77), Cyril Pocréaux pour athle.fr


Ils ont dit :


Freddy Guimard (Alès Cévennes Athlé), champion de France en 2h20’10 :
« Le titre était la priorité, mais je suis énormément déçu par le chrono. Je visais 2h15, mais avec le vent c’était impossible. Je me suis ensuite calé sur 2h17, puis sous les 2h20, mais là encore, c’était injouable. J’avais prévu de faire ma course avec mon collègue de club Romain Courcières et le Marocain (ndlr : Alaa Hiroued, de Coquelicot 42), je pense qu’on aurait pu s’aider, mais les deux étaient absents et je savais au départ que j’allais être seul. J’ai décidé de partir, de faire ma course, mais avec ce vent tout le temps, du début à la fin, c’était insupportable. Début janvier j’étais au fond du trou, j’étais loin, loin loin niveau forme, mais j’ai réussi à faire 70e au championnat du monde de cross, 4e Français aux France de cross, je suis quand même content même si le chrono ne reflète pas mon niveau. Maintenant, mon but sera de refaire un bon marathon fin 2017 pour décrocher ma sélection pour les Europe de cross 2018. »

Corinne Herbreteau (AS Saint-Sylvain d’Anjou), championne de France de marathon (et 1ère master) en 2h38’07 :
« J’ai accéléré au 14e pour voir, et j’ai vu que c’était possible. Après j’ai couru au train, et je veux remercier le public et les coureurs masculins qui m’ont aidée. Je me suis battue pour rester avec eux. L’Ethiopienne a craqué vers le 22e et je ne me suis plus occupée d’elle. Je remercie aussi mon futur mari, qui est aussi mon entraîneur, Laurent Raud, avec qui on se marie dans une semaine ! Il mérite qu’on le cite, comme toute l’équipe de Saint-Sylvain, qui m’a beaucoup aidée. Le parcours était très bien, très roulant, mais la difficulté venait du vent. A partir du 36e je me suis retrouvée seule. Je suis passée vite au semi, mais le premier était très roulant et de toute façon, je n’avais pas de chrono, je courais à la sensation : mon entraîneur d’époux m’avait enlevé ma montre et m’avait dit de courir comme ça ! »

Alban Chorin (US Laval), 2e en 2h23’11 :
« On a toujours l’objectif d’aller plus vite que ça, mais Freddy est parti vite devant et je n’ai pas osé le suivre, je savais qu’il était plus fort. J’ai préféré rester derrière avec le groupe, faire le rythme et me détacher au 28e. Ensuite, j’ai géré. Je n’ai jamais été dans le dur. C’est mon cinquième podium, quatre deuxièmes places et un titre (ndlr : en 2011), c’est bien. »

Aline Camboulives (Athlé Saint-Julien 74), médaille d’argent (et 2e master) en 2h41’12 :
« Il y avait beaucoup de vent, et je me suis de suite retrouvée seule, il n’y avait pas assez de monde dans mon groupe pour que je puisse m’abriter. Je suis satisfaite. Bon, après, j’ai fait un footing de deux heures il y a deux jours, je sais que ce n’est pas l’idéal pour préparer un marathon… Mais je vis une période compliquée sur le plan personnel et ça me faisait du bien d’aller courir deux heures, comme ça… Y a une semaine, j’étais dans une bonne période, très en forme, mais c’est compliqué de rester dans cet état, de conserver cette forme, d’autant que je n’ai pas d’entraîneur. Maintenant, je vais peut-être me diriger un peu vers la montagne, et voir ce que propose la fédération en termes de championnats, il y a peut-être les Europe de montagne ou de marathon pour lesquels on peut se qualifier, faut que je voie ça. »






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